C2C en Interview
Francos 2012
{by Romain}
Les C2C sortiront leur premier album à la rentrée, le 3 septembre prochain. En attendant, les 4 DJs superstars sillonnent les routes de France et de Navarre, transformant chacune de leurs scènes en dancefloor géant. En escale à La Rochelle la semaine dernière, les C2C nous ont notamment confié leurs impressions et leur passion presque inavouable pour le night riding. FUYA !
Vous faites partie des groupes français qui tournent le plus cet été. Est-ce que les Francofolies de la Rochelle représentent quelque chose de spécial à vos yeux ?
20syl - Les Francofolies ça fait quand même partie du Top 5 des festivals immanquables de l’été. Tant par sa programmation que par la taille du site et sa qualité d’accueil. C’est un très beau festival. On l’a déjà fait avec nos groupes respectifs (Hocus Pocus et Beat Torrent) donc on sait ce que ca représente, pour nous comme pour le public. C’est vraiment chouette d’être là.
Et il y a d’autres festivals qui vous plaisent ?
On aime beaucoup les Vieilles Charrues qu’on fera aussi cet été et qui à un côté très familial assez agréable. Les festivals plus petits, avec un côté roots, c’est cool aussi. Les Francos c’est plus institutionnel, implanté, bien rodé, mais pas désagréable pour autant. On aime un peu tout en fait (rires) !
C2C pour « Coup de Cross » : vous êtes des violents, c’est ça ?
Pfel - (Rires) Non non pas du tout ! « cross » pour crossfader, le bouton qui permet de scratcher et de passer d’une platine à une autre. C’est aussi un petit jeu de mots, un titre d’Hocus Pocus d’où est né le nom du collectif.
C’est quoi votre secret pour tenir physiquement quand on fait tournée aussi longue ?
Pfel - On a chacun un double, on a tous des jumeaux. Ils se reposent dans le bus là. (rires)
20syl - Des panneaux en carton…qu’on met sur scène pour nous remplacer. C’est pas si évolué qu’on le croit (rires)
Atom - Sans blagues, on est un peu plus rodés, ça fait quelques années qu’on tourne avec nos groupes respectifs. On est aussi très très bien entourés, on a toute une équipe autour de nous pour nous mettre dans les meilleurs conditions.
Et justement après toutes ces dates, comment on fait pour garder l’envie de monter sur scène ?
Atom - Il suffit de monter sur scène ! C’est viscéral. Et puis finalement, de garder nos side-projects respectifs nous permet de rester ouvert, de ne pas nous enfermer, de rentrer dans une routine. On avait C2C entre 2001 et 2006, avec Hocus Pocus et Beat Torrent à coté, qui après ont fait leurs chemins et ont pris le dessus sur C2C, sur lequel on revient maintenant. On se renouvelle grâce à tous ces projets.
20syl - L’important aussi, c’est la musique elle même. Quand tu kiffes l’interpréter, que tu aimes la partager, la routine ressort forcément beaucoup moins. Quand tu as fais 60 fois de suite le même concert, tu as une routine qui s’installe ; mais tant que tu as cette petite flamme dans le son, dans l’artistique, la pilule passe finalement beaucoup mieux.
Vous faites quoi deux minutes avant de monter sur scène ?
On est sur le côté de scène, on est en contact avec les techniciens et on a notre petit cri de guerre juste pour se motiver..
C’est quoi ce petit cri de guerre ,ou alors c’est secret ?
20syl - (rires) C’est « FUYA » ! On a un petit truc autour du mot « FUYA » qui nous met la patate et on se concentre…
Et ça veut dire quelque chose en particulier ?
20syl - Si on te le dit on sera obligé de te tuer après ! (rires)
Avez-vous une passion inavouable ?
(Rires) Greem - Y’as 20syl et Pfel qui sont fans du morceau « Nabila » et ça, c’est vraiment inavouable.
« Nabila » de…?
(en chœur) SOFIANE !
20syl - SoSo, si tu nous écoutes, c’est du bon…(rires)
Et niveau sport ? Le curling ?
Pfel - Comment tu sais pour le curling ? (rires)
Atom - Le jeu avec les rondins de bois..Le Mölkky !
Greem - Ca se prononce Mölke !
Pfel - C’est un jeu suédois, une sorte de mélange de pétanque avec des rondins de bois
Vous montez une équipe nationale française pour l’après C2C ?
Pfel - On jouait à ça en studio pour passer le temps, en jouant dans le jardin…
20syl - Barbecue – Mölkky…
Pfel - On est fan de night riding aussi…
Et c’est quoi concrètement le night riding ?
Pfel - Le ride de la nuit ! (rires) Tu viendras avec nous tout à l’heure…
20syl - Avec des vélos pliables.
Votre playlist idéale en 5 titres ?
Daniel Balavoine – « Je m’appelle Henri »
Common – « Funky for you »
Stevie Wonder – « Signed , Sealed , Delivered »
Jimy Hendrix – « Little Wings »
C2C – « Down The Road »
C’est un truc qui vous brancherait de faire la B.O d’un film ?
Greem - Oui justement, Steven Spielberg vient de nous envoyer un texto pour une proposition, 20syl en parle sur son Facebook (rires)
Atom - On a pas mal de morceaux qui s’y prêteraient bien, notamment « FUYA ». Quand on bossait dessus, on s’imaginait pleins d’images. On n’a pas été approché pour le moment pour cela mais si ça pouvait se faire, ca nous ferait bien kiffer.
Un réalisateur qui vous intéresserait ?
20syl - Des gens comme Michel Gondry, comme Spike Jonze.
Greem - En fait, je pense qu’il faudrait qu’il ait envie de faire quelque chose de novateur, peut-être technique, en utilisant notre univers et celui du scratch pour ne pas nous demander qu’une simple musique de film.
20syl - Surtout que le scratch c’est avant tout du son que l’on passe d’avant en arrière et il pourrait y avoir une belle connexion avec le montage des images.
Des anecdotes de vie en tournée à nous raconter ?
Greem - La petite balade en bateau autour de la Corse pendant Calvi on the Rocks a bien marqué les esprits.
20syl - Même si ce que je vais dire peut paraître très « politiquement correct », on a vécu pour la première fois un vrai rappel à La Cigale (Paris). Aujourd’hui, beaucoup d’artistes font des rappels mais c’est devenu presque systématique. Le public rappelle les artistes, et ils reviennent…mais ce n’est pas un rappel de cœur. A la Cigale, on a fait notre rappel habituel puis on est sorti de scène. Et là, ils nous ont de nouveau rappelé mais cette fois en mode « on ne veut pas partir ». Le manager est venu en panique en nous disant qu’il fallait vraiment y retourner, que les gens étaient survoltés.
Greem - Du coup on y est retourné et on a refait « Down The Road », à la seule condition qu’ils mettent vraiment le feu…et c’était incroyable.
La question qu’on vous pose tout le temps en interview et qui vous soule ?
Atom - On dit « C deux C » (à la française) ou « C2C » (see to see à l’anglaise) ? (rires) En fait, c’est pas qu’elle nous soule vraiment mais je me demande juste pourquoi on nous la pose. C’est comme si on te demandait si tu dis « shampoouing » ou « shampoing », « parking » ou « parkaing », c’est un peu comme tu veux (rires) !
Greem - « C’est quoi la différence entre vous et Birdy Nam Nam ? » Celle là aussi on nous la pose pas mal. C’est juste très très récurrent et pas mal de journalistes savent ce que font Birdy Nam Nam et connaissent aussi ce que l’on fait, la différence est énorme. Je pense qu’ils s’amusent de ça, de savoir ce que l’on en pense.
20syl - Sur la petite rivalité qu’il peut y avoir.
Greem - C’est un peu normal, on est 4 mecs avec 4 platines, la comparaison est un peu facile. La différence va se faire avec le temps, je pense, dans l’esprit des gens.
20syl - Au début avec Hocus Pocus on avait la même chose avec The Roots. Quand tu commences, les gens vont forcément chercher une référence pour te mettre dans une case. Ca permet aussi au public d’avoir des repères.
Greem - Les deux groupes restent complémentaires. On les connaît bien, les Birdy. Personne ne fait d’ombre à personne, un groupe fait connaître l’autre, il n’y a plus de compétition comme à l’époque des battles. (rires)
La question qu’on ne vous pose jamais et à laquelle vous aimeriez répondre ?
20syl – Celle là justement ! On nous la pose souvent et c’est suivi d’un grand silence (rires).
Beaucoup d’artistes nous ont dit qu’on leur demandait rarement s’ils étaient fatigués, si la tournée se passait bien. Alors les C2C, comment ça va ?
20syl – Comme te disais Greem, même si on a un rythme très intensif, on le fait dans un confort et dans des conditions qui font que l’on ne ressent pas forcément cette difficulté. Quand tu commences, tu as un petit camion, tu le conduis toi même, tu dois te lever à 7h du mat’ pour aller à l’autre bout de la France. Nous maintenant, on a un chauffeur, un Tour Bus et quand le concert est fini on démonte notre matériel et on peut limite aller se coucher. On a la chance d’avoir atteint un stade où c’est confortable de tourner. Donc ca va plutôt pas mal !
Ce n’est plus la petite tournée « à l’arrache » des débuts…
20syl - Non, c’est sûr. Mais c’est bien d’avoir connu cette période. On réalise la chance qu’on a aujourd’hui. Je pense que d’accéder trop vite à ce confort est même dangereux car tu aurais du mal à redescendre dans des conditions de tournée plus modestes.
Un artiste avec lequel qui vous aimeriez collaborer ?
20syl - Stevie Wonder! Tellement mythique. Ca reste un rêve presque irréalisable, mais ça serait un truc tellement fou.
Greem - Après il y en a toute une liste : Q-Tip, Common…
Il vous reste donc encore quelques rêves à réaliser…
Atom - Il y en a toujours quand on cherche bien (rires) !
MyTourManager est une plateforme qui met en relation des artistes émergents et des organisateurs d’évènements musicaux : un petit conseil à donner aux artistes de cette nouvelle génération ?
20syl - Techniquement, quand tu veux faire du live, je dirais qu’il ne faut pas être trop ambitieux dès le début. Ne pas créer une formation avec 10 musiciens, une équipe technique de fou. Il faut que ton spectacle soit transportable, adaptable sur des premières parties. C’est des évidences mais quand tu commences, tu as tout de suite envie de faire les choses en grand.
Pfel - Bien connaître ses forces et ses faiblesses pour réussir à en tirer profit et masquer ses faiblesses sur certains aspects du live. C’est ce qu’on a fait sur nos premiers championnats, on se concentrait vraiment sur la musicalité, le show, pour combler peut-être un manque de technique par rapport à d’autres équipes. Savoir jouer avec ses forces, donc.
Votre période de championnats, justement, vous a enseigné des choses dont vous vous servez aujourd’hui ?
20syl - C’est tout d’abord une super carte de visite.
Pfel - Ca nous a apporté beaucoup d’expérience dans la façon de monter des shows. On passait un mois à les réaliser puis un mois à les répéter en travaillant la mise en scène et les chorégraphies. Maintenant on l’a vraiment dans nos gènes et ça se fait naturellement. Quand on a fait notre première date à la Gaïté Lyrique (Paris), pleins de gens nous on dit qu’ils avaient l’impression qu’on avait déjà fait une tournée parce qu’on avait déjà tous nos gestes. Un autre conseil aussi : se filmer ! Parce qu’on se rend compte de pleins de choses pendant le concert mais on les oublie dès qu’on es sorti de scène. C’est pas mal de revoir le concert le lendemain en vidéo et de voir clairement tout ce qui pêchait, d’améliorer continuellement le show.
Vous avez fait un énorme travail sur l’utilisation de la vidéo et des lumières pour vos shows. C’est quoi la prochaine étape ? Faire venir Tupac en hologramme ?
Pfel - Non, c’est nous en hologramme, comme ça on reste dormir chez nous ! (rires)
